Sa critique : Les films de John Carney ont toujours tourné autour de la musique, spécialement lorsqu’elle se pratique à petite échelle, qu’il s’agisse des folkeux expatriés de “New York melody” ou des ados attachants de ce “Sing street”. Le contexte, cette fois, est l’Irlande du milieu des années 80, économiquement sinistrée et moralement tenue en coupe réglée par l’église catholique. Mais tout cela n’est qu’un décor, un cadre insulaire aux vagues effluves sociales pour ce gentil vidéoclip qui synthétise superficiellement l’essence musicale, capillaire et vestimentaire des années 80 comme on aimerait s’en souvenir. Le schéma est simplissime : garçon pas bien dans sa vie, garçon rencontre fille, garçon monte groupe de rock pour impressionner fille, garçon trouve sens à sa vie. De toute façon, les Feel-good movie adolescents n’ont pas besoin de beaucoup plus de sophistication pour fonctionner. Malgré le spleen lourdement fardé qu’on pourrait associer à l’excellente bande-son à base de Cure, de Hall & Oates et de A-ha dont dispose “Sing street” et malgré quelques personnages plus complexes (les parents qui ne savent comment se séparer dans un pays où on ne divorce pas, le grand frère qui vit par procuration et avec un soupçon de jalousie la réussite de son cadet), le film ne s’écarte jamais de l’idée optimiste et un peu artificielle que la musique permet de s’évader, résoudre et réussir. Une fois qu’on sait cela, il ne reste qu’à savourer sans complexes cette agréable bluette adolescente, dynamique et parfois drôle, ne serait-ce que par les looks successifs de ces apprentis-rockeurs à la recherche de leur identité visuelle. Dommage que beaucoup de petits détails (par exemple, les autres membres du groupe, réduits à faire de la figuration) donnent l’impression d’avoir été laissé en friche, alors qu’ils auraient pu très facilement être traités.
0
0


