Sa critique : Suite et fin de l’agonie de Dreamworks. “Turbo”, sorti voici 3 ans, n’était peut-être pas mémorable mais l’idée d’un escargot supersonique possédait encore un certain charme : “Les trolls” ici présents constituent le stade terminal de ce qui fut autrefois un pôle majeur de l’animation. Ces trolls, vous les connaissez, vous en avez peut-être même l’un ou l’autre qui traîne au fond d’un tiroir : ce sont ces petites poupées moches aux longs cheveux multicolores, dont le passe-temps favori est de repeindre le monde dans des couleurs qui évoquent l’ultime hallucination visuelle d’un tox avant l’overdose fatale. Très populaires dans les années 60, ces ersatz de schtroumpfs sous acide ont connu de brefs et inexplicables retours en grâce depuis cette époque et il semble difficile de considérer le film qui leur est dédié comme autre chose que la dernière tentative en date pour remettre ces machins au goût du jour. Même en mettant de côté l’animosité personnelle que je nourris à leur encontre (j’en possédais un quand j’étais petit et une fois sa tignasse et ses vêtements partis vers le grand-royaume-des-pièces-de-jouet-disparues, il n’en restait plus qu’un nain handicapé et exhibitionniste qui me reluquait de façon sinistre depuis l’étagère), le résultat est rigoureusement désastreux. Techniquement, l’ensemble reste correct même si les décors et les personnages ne recèlent aucun charme particulier...mais il n’y aucune raison d’excuser ce scénario niais et plan-plan comme on n’ose plus en écrire depuis au moins dix ans, sans oublier une véritable avalanche de hits funk et disco indigestement remixés...parce que ces petites vermines ne se contentent pas d’exposer leur totale absence manque de goût chromatique, ils étalent aussi leur insupportable et superficielle joie de vivre à grands renforts de chorégraphies obscènes et de maltraitance sonore. Tout ce que vos cauchemars peuvent contenir de couleurs vomitives, tout votre dégoût de paillettes (ces choses créées de la main de l’homme pour concurrencer le champignon des piscines dans leur persistance à se loger dans les endroits les plus inaccessibles de votre anatomie), toutes vos angoisses refoulées à propos de cette petite fille à l’oeil torve qui vous proposerait soudain d’embrasser sa poupée déjà partiellement machouillée, tout cela resurgira avec violence à un moment ou à un autre de ce chemin de croix animé qui vous donne juste très envie de penser à une blague sale sur les licornes. Evidemment, “Les trolls” s’adressent aux enfants, voire même aux très petits enfants...qui, de ma propre expérience, préfèrent systématiquement les courts-métrages conçus avec des bouts de ficelles aux grosses prods à 150 millions de dollars. A moins d’être victime d’une malédiction karmique ou d’être capable de pousser l’esprit de sacrifice parental à son paroxysme, “Les Trolls” est clairement un produit à éviter comme la peste.
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