Sa critique :
Stress, angoisse, frustrations, désagréments petits et grands, les raisons de fondre un plomb ne manquent pas dans la société moderne. Nos conjoints nous minent, nos enfants nous désolent, nos collègues nous sortent par les trous de nez, et il suffit d’y rajouter l’un ou l’autre conducteur du dimanche ou bureaucrate obtus pour que la coupe soit pleine : derrière notre vernis de civilisation, nous sommes tous prêts à passer de l’autre côté, à lâcher la bride à la haine et à la violence et même à prendre un pied même pas coupable à le faire ! C’est en tout cas ce que se proposent de démontrer les six sketches de ces “Nouveaux sauvages”, chronique caustique d’une humanité ordinaire qui dérape sans crier gare. Produit par Almodovár, qui y retrouve sans doute l’esprit frondeur de ses débuts, “Les nouveaux sauvages” ratisse suffisamment large, de l’affrontement routier à la réception de mariage qui se barre en sucette en passant par les magouilles cyniques des riches qui ne veulent pas assumer leurs actes, pour que tout le monde y trouve son compte (et en prenne pour son grade). Si les anthologies de ce genre impliquent généralement un niveau inégal entre les différentes sections, tous les sketchs (à l’exception peut-être du premier, court et plus cynique sur le papier qu’en pratique) se valent plus ou moins en terme d’humour absurde et de cynisme. Ce n’est pas du grand art cinématographique, le projet aurait encore été supérieur avec un meilleur sens du timing ou un mauvais esprit encore plus prononcé mais ce serait mentir de prétendre qu’on ne passe pas soi-même un excellent moment à observer ces coups de folie qui pourraient être les nôtres..!
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